samedi 30 mai 2026
Santé Guinée

Santé publique : la société civile réclame la souveraineté dans la gestion des ressources du Fonds mondial

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Admin Katrouma

16 Apr 2026 à 11:42

Santé publique : la société civile réclame la souveraineté dans la gestion des ressources du Fonds mondial
Le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) a publié, ce mardi 16 avril 2026, un mémorandum appelant les autorités à accélérer la souveraineté nationale dans la gestion des ressources du Fonds mondial dédiées à la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. L’organisation exprime son indignation face à la reconduction jugée opaque de certains principaux récipiendaires internationaux et dénonce un recul dans le processus de localisation de l’aide sanitaire.
Elle appelle à un transfert effectif des responsabilités vers les structures nationales, notamment l’UAGCP, afin de renforcer la transparence, l’efficacité et le leadership local dans la gestion des programmes de santé publique. Le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), regroupant des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, a exprimé de vives préoccupations à travers un mémorandum rendu public ce mardi 16 avril 2026.
L’organisation y critique la gestion actuelle des subventions du Fonds mondial en Guinée et appelle à une refonte du modèle de gouvernance en faveur d’une appropriation nationale plus affirmée. Selon le CNOSCG, la Guinée s’est engagée depuis plusieurs années dans une dynamique progressive de renforcement de ses capacités nationales, notamment à travers l’Unité d’appui à la gestion et à la coordination des programmes (UAGCP) et diverses organisations de la société civile. Cette évolution visait à réduire la dépendance vis-à-vis des acteurs internationaux et à promouvoir un leadership local dans la mise en œuvre des programmes de santé.
Cependant, l’organisation estime que les récentes décisions issues de l’Assemblée générale de l’Instance de coordination nationale (ICN), tenue le 9 avril 2026, constituent un recul significatif dans ce processus. Elle évoque notamment une insuffisante transparence dans la reconduction de deux principaux récipiendaires (PR), des ONG internationales, sans consultation élargie des acteurs nationaux.
Le CNOSCG dénonce également le non-respect de plusieurs engagements contractuels par ces structures, notamment en matière de transfert de compétences, de mise en œuvre des plans de transition vers l’appropriation nationale et d’exécution des activités prévues dans les cycles de financement précédents. Cette situation, selon la société civile, freine la montée en puissance des acteurs locaux et limite l’efficacité des interventions sur le terrain.
L’organisation va plus loin en estimant que cette configuration entretient une dépendance persistante vis-à-vis d’acteurs externes, en contradiction avec les objectifs de souveraineté sanitaire affichés par les autorités guinéennes et les orientations du Fonds mondial en matière de localisation de l’aide. Face à ce constat, le CNOSCG formule plusieurs recommandations fortes. Il appelle d’abord l’État guinéen à engager une transition claire vers une gestion souveraine des ressources issues du Fonds mondial.
Il insiste également sur le respect strict des directives internationales en matière de localisation de l’aide au développement et sur la nécessité d’un arbitrage plus transparent et efficace dans la gestion de la subvention GC8. La société civile exhorte par ailleurs le Fonds mondial à accélérer le transfert de la gestion des subventions vers les structures nationales compétentes, notamment l’UAGCP, qu’elle considère comme un outil central de consolidation du leadership local dans la gestion des programmes de santé.
Malgré la fermeté de sa position, le CNOSCG se dit ouvert au dialogue et réaffirme sa disponibilité à engager des échanges constructifs avec l’ensemble des parties prenantes. L’objectif affiché reste, selon lui, de garantir une meilleure efficacité des programmes et de placer les besoins des populations bénéficiaires au centre des décisions.
Alpha Camara