lundi 19 octobre 2026
Société Guinée

Rivalités artistiques : le BGDA et la DGS renforcent les mesures

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Admin Katrouma

21 Sep 2026 à 19:33

Rivalités artistiques : le BGDA et la DGS renforcent les mesures
Face à la montée des tensions entre communautés de fans d’artistes guinéens, marquées ces dernières semaines par des insultes, provocations, menaces et attaques sur les réseaux sociaux, le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) et la Direction Générale des Spectacles (DGS) passent à une nouvelle étape. Réunis lundi 21 septembre 2026 à Conakry, les deux organismes ont annoncé un renforcement des mesures administratives et juridiques afin de contenir les dérives et de préserver le secteur culturel des affrontements entre communautés de fans.
La rivalité entre artistes ne doit pas franchir les limites de la loi. C’est le message porté par le BGDA et la Direction Générale des Spectacles lors d’une conférence de presse organisée au siège du BGDA, à la Minière, sous l’impulsion du ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla. Les responsables culturels ont notamment dénoncé la multiplication des injures, moqueries, provocations, menaces et attaques visant parfois les proches des artistes, dans le cadre de rivalités entre communautés de fans, notamment celles associées à Azaya Boos et au Patronnat.

Le directeur général du BGDA, Moussa Fofana, a précisé que cette sortie ne constituait pas une mise en accusation des artistes concernés, mais un avertissement général destiné à l’ensemble des acteurs du secteur. « Cette conférence est un avertissement public, et elle vaut pour tous », a-t-il souligné, en rappelant que les comportements constatés peuvent relever de plusieurs textes, notamment la législation sur la propriété littéraire et artistique, la réglementation du spectacle vivant et le Code pénal.
Le BGDA entend particulièrement agir sur les contenus qui utilisent des œuvres artistiques pour alimenter les campagnes de dénigrement. L'institution rappelle que le droit d’auteur protège les créations, mais ne saurait couvrir les propos injurieux ou les contenus destinés à humilier une personne. Des plaintes pourront être reçues et instruites, tandis que des mises en demeure pourraient viser des pages, chaînes ou comptes utilisant sans autorisation des œuvres du répertoire national dans ce type de conflit.
Le BGDA prévoit également de renforcer sa collaboration avec les plateformes concernées pour faciliter le retrait de contenus contrefaisants signalés. Du côté de la Direction Générale des Spectacles, le message est tout aussi ferme. Le directeur général adjoint de l’Agence guinéenne de Spectacles, Aboubacar Diallo, a rappelé que l’autorisation administrative d’un spectacle ne constitue pas un blanc-seing pour les artistes ou promoteurs. « L’autorisation est un droit d’exercer, pas un permis de tout dire », a-t-il martelé.
Désormais, les promoteurs et artistes principaux pourraient être soumis à des engagements écrits les obligeant à éviter les propos injurieux, discriminatoires ou susceptibles d’attiser les tensions entre communautés de fans. La sécurité des événements devra également être adaptée au niveau de risque identifié. La DGS envisage par ailleurs de refuser, suspendre ou retirer une autorisation lorsque la communication d’un événement repose sur la provocation ou la confrontation entre artistes.
Dans les situations persistantes, une suspension ou un retrait de licence pourrait être proposé au ministre de la Culture, tandis que les faits susceptibles de constituer des infractions pénales pourraient être transmis au procureur. À travers cette sortie conjointe, les autorités culturelles veulent donc replacer la compétition artistique dans son cadre : celui de la création, du spectacle et du divertissement.
Artistes, managers, promoteurs, community managers et fans sont appelés à faire preuve de responsabilité afin que les rivalités musicales ne dégénèrent pas en conflits sur les réseaux sociaux ou dans les salles de spectacle. Le message du BGDA et de la DGS est sans ambiguïté : la concurrence peut stimuler la création artistique, mais elle ne doit pas devenir un prétexte aux insultes, aux menaces ou à l’affrontement.
Abdoul Karim Bangoura
Publié le 21 Sep 2026 à 19:33