samedi 30 mai 2026

Élections du 31 mai : le FRONDEG brandit la menace d’un retrait du processus législatif et communal

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Admin Katrouma

26 Apr 2026 à 13:34

Élections du 31 mai : le FRONDEG brandit la menace d’un retrait du processus législatif et communal
À quelques semaines des élections législatives et communales du 31 mai 2026, la tension monte d’un cran sur la scène politique guinéenne. Le Front démocratique de Guinée brandit la menace d’un retrait du processus électoral, dénonçant une série d’irrégularités jugées graves et susceptibles de compromettre la transparence du scrutin. Entre rejets controversés de candidatures, soupçons de pratiques administratives contestables et accusations de rupture d’égalité, le parti alerte sur les risques d’une crise de crédibilité électorale.
Réuni face à la presse ce samedi 25 avril à son siège de Lambanyi, le Front démocratique de Guinée a exprimé de vives inquiétudes quant au bon déroulement des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026. Dans une déclaration officielle, le parti a dénoncé des « manquements répétés » au Code électoral, mettant directement en cause la gestion du processus par les autorités compétentes.
Au cœur des griefs soulevés figure le rejet jugé « arbitraire » de plusieurs candidatures du parti dans de nombreuses circonscriptions à travers le pays, notamment à Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangaredi et Tamita. Selon le président du parti, Abdoulaye Yéro Baldé, ces décisions n’ont été accompagnées d’aucune notification officielle dans les délais légaux, ni de justification formelle, en contradiction avec les dispositions en vigueur.
Le leader du FRONDEG dénonce également des tentatives de régularisation « a posteriori », à travers des documents antidatés, qu’il considère comme une atteinte aux principes fondamentaux de transparence et de sécurité juridique. « Il ne peut y avoir d’élections crédibles sans respect strict des règles établies », a-t-il insisté, appelant à une clarification urgente de la situation.
Au-delà des candidatures, le parti met en cause la gestion financière du processus électoral. Il évoque notamment une fixation unilatérale des cautions électorales, sans concertation préalable avec les acteurs politiques, ainsi que des refus d’encaissement dans certaines circonscriptions. Une situation qui, selon le FRONDEG, a empêché plusieurs candidats de régulariser leurs dossiers dans les délais impartis, accentuant ainsi les inégalités entre compétiteurs.
Autre point de friction : la participation de certains cadres de l’administration publique au scrutin, en particulier des membres du Conseil national de la transition. Le parti estime que ces candidatures violent les règles d’inéligibilité prévues par le Code électoral, créant une rupture d’égalité et alimentant des doutes sur l’impartialité de l’administration électorale.
Pour le FRONDEG, l’accumulation de ces irrégularités est de nature à fragiliser profondément la crédibilité du processus électoral. Le parti affirme avoir déjà engagé des recours auprès des juridictions compétentes afin d’obtenir réparation et rétablissement de ses droits.
Cependant, face à ce qu’il qualifie de « dérives persistantes », le parti n’exclut pas une décision radicale. « À défaut de correction diligente de ces irrégularités, le FRONDEG se réserve le droit de se retirer du processus électoral », a averti Abdoulaye Yéro Baldé, laissant planer la menace d’un boycott qui pourrait peser lourdement sur la légitimité du scrutin.
Dans ce contexte tendu, le FRONDEG appelle les autorités à un sursaut de responsabilité. Il exige le respect strict de la légalité, la transparence dans la gestion des candidatures et des opérations électorales, ainsi qu’un traitement équitable de tous les acteurs politiques. À ses yeux, seule une correction rapide des dysfonctionnements constatés permettra de garantir des élections inclusives, crédibles et acceptées par tous.
Alseny Camara
Publié le 26 Apr 2026 à 13:34