lundi 19 octobre 2026
Société Guinée

Disparitions en Guinée : le président de la FIDH Alexis Deswaef interpelle les autorités

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Admin Katrouma

28 Sep 2026 à 17:21

Disparitions en Guinée : le président de la FIDH Alexis Deswaef interpelle les autorités
Dix-sept ans après le massacre du 28 septembre 2009, la question des personnes disparues continue de peser sur le débat autour de la justice et des droits humains en Guinée. À Conakry, lors d’une conférence de presse organisée ce Lundi 28 septembre 2026 par l’AVIPA, l’OGDH et la FIDH, le président de la Fédération internationale pour les droits humains, Alexis Deswaef, a appelé les autorités politiques et judiciaires à apporter des réponses sur les enquêtes éventuelles, les fosses communes et le sort des personnes portées disparues.
Pour l’avocat international, le « droit à la vérité » constitue une exigence essentielle pour les familles et la société guinéenne. La question des disparitions a occupé une place importante dans les échanges entre les organisations de défense des droits humains et les autorités judiciaires. Alexis Deswaef affirme que le sujet a notamment été soulevé lors d’une rencontre avec le procureur général. Les organisations présentes auraient demandé des précisions sur l’existence d’enquêtes indépendantes et approfondies, notamment sur un éventuel lien avec la question des fosses communes.
Selon le président de la FIDH, les autorités ont invoqué le secret de l’enquête. Une justification qu’il estime insuffisante lorsqu’il s’agit de fournir aux familles et à l’opinion des informations générales sur les démarches engagées. « Nous avons le droit à la vérité », insiste-t-il. Pour Alexis Deswaef, l’enjeu ne consiste pas seulement à connaître le sort des personnes disparues. Il s’agit également, lorsque les faits sont établis, d’identifier les responsabilités et de permettre à la justice de poursuivre les personnes mises en cause. « Si des personnes sont responsables, qu’elles soient poursuivies », a-t-il déclaré.
Cette demande s’inscrit dans la continuité du travail mené depuis plusieurs années par la FIDH et ses organisations partenaires en Guinée autour de la lutte contre l’impunité et de la justice pour les victimes du 28 septembre 2009. La FIDH rappelle notamment son engagement ancien en faveur d’une justice rendue par les juridictions guinéennes. Au-delà des familles directement concernées, Alexis Deswaef estime que les disparitions ont également un impact sur l’ensemble de la société civile.
Il évoque un « effet refroidissement » susceptible, selon lui, de dissuader les défenseurs des droits humains et leurs proches de poursuivre leurs activités par crainte de représailles.
Pour le responsable de la FIDH, cette situation ne peut être banalisée. Il appelle ainsi les autorités guinéennes à communiquer davantage sur les procédures engagées et à répondre aux interrogations persistantes. Alors que la Guinée commémorait le 17ᵉ anniversaire du massacre du 28 septembre, la FIDH, l’OGDH et l’AVIPA ont donc remis la question de la vérité au centre des préoccupations.
« Le silence devient plus que problématique », estime Alexis Deswaef, qui demande aux autorités d’agir afin que les familles puissent obtenir des réponses et que les éventuelles responsabilités soient établies par la justice. Pour les organisations de défense des droits humains, la vérité, la justice et les réparations demeurent ainsi étroitement liées dans la quête de réponses autour des événements du 28 septembre 2009 et des disparitions qui continuent de susciter des interrogations.
Alseny Camara
Publié le 28 Sep 2026 à 17:21