Justice
Guinée
CRIEF : le dossier Mohamed Lamine Bangoura renvoyé au 4 mai
A
Admin Katrouma
27 Apr 2026 à 18:45
Le procès de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, poursuivi pour détournement présumé de deniers publics et enrichissement illicite portant sur environ 20 milliards de francs guinéens, a connu un nouveau report ce lundi devant la CRIEF. Entre contestation des faits, explications sur la gestion des fonds publics et absence de la partie civile, l’audience a mis en lumière des zones d’ombre autour de la gestion des ressources de l’institution, dans une affaire à forts enjeux judiciaires et financiers.
L’affaire opposant l’État guinéen à l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, s’est poursuivie ce lundi devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. L’ancien haut magistrat est poursuivi avec trois coaccusés, dont certains sont actuellement en fuite, pour des faits présumés de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite.
Au cœur du dossier, une subvention d’environ 20 milliards de francs guinéens, allouée au fonctionnement de la Cour constitutionnelle entre 2018 et 2021, période durant laquelle Mohamed Lamine Bangoura en assurait la présidence. Devant la cour, l’accusé a fermement nié les charges retenues contre lui, contestant toute irrégularité dans la gestion de ces ressources. Interrogé par le substitut du procureur spécial sur l’utilisation des fonds publics, il a soutenu que la subvention, bien que structurée, était utilisée pour couvrir diverses dépenses institutionnelles, notamment le carburant, les frais de santé et les primes du personnel.
Selon lui, ces dépenses s’inscrivaient dans le fonctionnement normal de l’institution judiciaire. Sur la question du contrôle des fonds, le procureur a remis en cause la transparence de la gestion financière. En réponse, Mohamed Lamine Bangoura a affirmé que la gestion administrative et financière relevait du Directeur administratif et financier (DAF), qu’il a présenté comme un service d’appui ne dépendant pas directement de son autorité, rejetant ainsi toute responsabilité personnelle dans les irrégularités alléguées.
Abordant les accusations relatives à son patrimoine immobilier, notamment des biens situés à Conakry et à Dakar, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a expliqué qu’il disposait de ressources financières bien avant son accession à la tête de l’institution en 2018. Il a notamment évoqué la vente d’un bien familial à Paris et la contraction d’un prêt bancaire estimé à 2 milliards de francs guinéens pour financer l’acquisition de l’un de ses immeubles.
Concernant ses avoirs bancaires, il a reconnu l’existence de trois comptes : le premier crédité entre 600 et 700 millions de francs guinéens, le second entre 100 et 200 millions, tout en affirmant ne pas connaître précisément le solde du troisième compte.
L’audience s’est tenue sans la présence de la partie civile, représentée par Maître Pépé Antoine LAMA et ses collègues, qui auraient indiqué ne pas avoir été informés de la programmation de l’affaire. Cette absence a contribué au renvoi du dossier.
En parallèle, les autres coaccusés, Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, sont toujours en fuite, compliquant davantage la poursuite de la procédure.
Après les débats, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 4 mai 2026, afin de permettre la comparution de la partie civile et la poursuite de l’instruction dans ce dossier sensible, qui continue de retenir l’attention de l’opinion publique.
Facinet Molota Camara
L’affaire opposant l’État guinéen à l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, s’est poursuivie ce lundi devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. L’ancien haut magistrat est poursuivi avec trois coaccusés, dont certains sont actuellement en fuite, pour des faits présumés de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite.
Au cœur du dossier, une subvention d’environ 20 milliards de francs guinéens, allouée au fonctionnement de la Cour constitutionnelle entre 2018 et 2021, période durant laquelle Mohamed Lamine Bangoura en assurait la présidence. Devant la cour, l’accusé a fermement nié les charges retenues contre lui, contestant toute irrégularité dans la gestion de ces ressources. Interrogé par le substitut du procureur spécial sur l’utilisation des fonds publics, il a soutenu que la subvention, bien que structurée, était utilisée pour couvrir diverses dépenses institutionnelles, notamment le carburant, les frais de santé et les primes du personnel.
Selon lui, ces dépenses s’inscrivaient dans le fonctionnement normal de l’institution judiciaire. Sur la question du contrôle des fonds, le procureur a remis en cause la transparence de la gestion financière. En réponse, Mohamed Lamine Bangoura a affirmé que la gestion administrative et financière relevait du Directeur administratif et financier (DAF), qu’il a présenté comme un service d’appui ne dépendant pas directement de son autorité, rejetant ainsi toute responsabilité personnelle dans les irrégularités alléguées.
Abordant les accusations relatives à son patrimoine immobilier, notamment des biens situés à Conakry et à Dakar, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a expliqué qu’il disposait de ressources financières bien avant son accession à la tête de l’institution en 2018. Il a notamment évoqué la vente d’un bien familial à Paris et la contraction d’un prêt bancaire estimé à 2 milliards de francs guinéens pour financer l’acquisition de l’un de ses immeubles.
Concernant ses avoirs bancaires, il a reconnu l’existence de trois comptes : le premier crédité entre 600 et 700 millions de francs guinéens, le second entre 100 et 200 millions, tout en affirmant ne pas connaître précisément le solde du troisième compte.
L’audience s’est tenue sans la présence de la partie civile, représentée par Maître Pépé Antoine LAMA et ses collègues, qui auraient indiqué ne pas avoir été informés de la programmation de l’affaire. Cette absence a contribué au renvoi du dossier.
En parallèle, les autres coaccusés, Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, sont toujours en fuite, compliquant davantage la poursuite de la procédure.
Après les débats, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 4 mai 2026, afin de permettre la comparution de la partie civile et la poursuite de l’instruction dans ce dossier sensible, qui continue de retenir l’attention de l’opinion publique.
Facinet Molota Camara